A Manchester, la ville noire

Très tôt, Gilbert Gadoffre a éprouvé une véritable passion pour l’Angleterre. Guilford dans le Surrey, où il avait séjourné à 19 ans comme paying guest, a fourni matière à l’un de ses travaux écrit de fin de licence. Mais c’est surtout le Lincoln College d’Oxford, où il ne resta pourtant que trois mois, qui lui laisserait l’impression indélébile d’un rythme de vie très différent de l’université française. Aussi, trouvera-t-on dans la fascination pour le dining-room présidé par le « merveilleux recteur Monroe » le germe de la collégialité qui s’épanouirait plus tard à Royaumont et à Loches. En 1937, Monroe introduisit Gadoffre auprès du médiéviste Eugène Vinaver qui le recruta derechef comme associé (part-time) à l’université de Manchester. D’octobre 1938 à sa mobilisation en avril 1940, Gadoffre y enseigna Montaigne, Pascal et, surtout, Descartes dont il prépara une introduction au Discours de la Méthode à la demande de Vinaver. En 1941, ce dernier publia le texte in memoriam à Manchester, croyant Gadoffre mort de ses blessures durant la campagne de France. En 1955, toujours grâce à la bienveillance de Vinaver, Gilbert Gadoffre reprit le chemin de l’université de Manchester pour une chaire consacrée à « l’histoire de la pensée française ». Il y resta jusqu’à son départ à Berkeley en 1964. Son épouse, Alice Gadoffre, nous a livré un témoignage vivant de cette période dans ses mémoires, publiées en 1994.

Articles

  • Témoignage d’Alice Gadoffre sur la vie à Manchester.
    Tiré d’Alice Gadoffre-Staath, De la Résistance à l’Europe, Montpellier, Espaces 34, 1994, pp.156-158. 2p. ½. « Avec le mariage... (...) de mon séjour ».