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Archives coloniales

« (Dé)construire les « archives coloniales » : enjeux, pratiques et débats contemporains »

Qu’il s’agisse de la restitution d’archives aux pays anciennement colonisés ou de la déclassification de certains fonds jusqu’ici non-consultables, ces vingt dernières années ont été marquées par des controverses vives dont les « archives coloniales » ont été le centre. L’expression « archives coloniales » a désormais fait son entrée dans le débat public, corollaire de la prolifération du terme « colonial ». Ces dernières semaines, les médias se sont ainsi emparés d’une polémique scientifique, autour de la publication de Sexe, Race, et Colonies[i], reproduisant et diffusant des archives coloniales bien particulières : celles issues de la domination sexuelle en situation coloniale. Certain-e-s chercheurs-euses[ii] ou/et militant-e-s[iii] ont avancé que cette démarche, insuffisamment appuyée sur un appareil critique spécifique, tendait au voyeurisme et, ce faisant, reproduisait en partie le geste colonial.
La parution de ce livre prend place dans un contexte marqué par l’actualité d’une réflexion épistémologique sur les archives coloniales. Il y a près de dix ans, Ann Laura Soler publiait Along the Archival Grain[iv] (qui attend toujours sa traduction) au retentissement encore important de nos jours. Dans cet essai, l’anthropologue s’oppose à l’approche, devenue dominante, de prendre « à contre-pied » des archives coloniales, ou de les contourner par « l’invention » d’autres sources (entendues comme « non-coloniales »), à la recherche des voix des colonisé-e-s[v]. L’auteure propose en effet de plonger frontalement dans les archives coloniales et, au moyen d’un appareil critique ajusté, de les prendre au sérieux dans ce qu’elles nous apprennent sur leur contexte de production, les catégories sociales et administratives mais aussi les affects qui les traversent, ainsi que la manière dont les institutions archivistiques coloniales se construisent et se structurent au sein des sociétés coloniales.

 

 

 

Jeudi 27 juin 2019

9h - 9h30 (30 minutes) : accueil des participant-e-s, café.

9h30 - 10h00 (30 minutes) : Mot de bienvenue (organisateurs-trices et des ANOM).

10h00 - 12h00 (120 minutes) : Visite des ANOM et présentation d’un fonds (Isabelle Dion).

Buffet - 12h00 - 13h00 (60 minutes).

13h00-15h00 (120 minutes) Panel 1, « Quelles pratiques archivistiques en contexte colonial ? » Présidence : Isabelle Merle

  • Charly Jollivet (Temos - CNRS), « Construire l’histoire des archives pour mieux contextualiser les archives coloniales de Madagascar et des Comores »
  • Fabienne Chamelot (University of Portsmouth, Scool of Area Studies), « Politique des archives, gouvernance et administration coloniale en Indochine et AOF des années 1910 aux indépendances »
  • Marie Bossaert (École française de Rome), « Les Archives à la mer ! : la réorganisation de l’ « Archivio turco » de Tripoli par les autorités coloniales italiennes (1911-1913) »
  • Joseph Tsigbe (Université de Lomé), « Écrire l’histoire du Togo de la période 1914 – 1922 : quelle articulation entre archives coloniales et d’autres sources ? »

15h00-15h30 (30 minutes) :pause-café.

15h30-16h30 (60 minutes) Table-ronde 1, « Conservation et accessibilité des archives coloniales : quels enjeux institutionnels ? »

  • Eric Lechevallier (CADN)
  • Margo Stemmelin (Université Paris 8, IDHES)
  • LéonelNoubouNoumowe (Université de Lorraine)

Vendredi 28 juin 2019

9h00-9h15 (15 minutes) : accueil des participant-e-s, café.

9h15 - 10h45 (90 minutes) Panel 2, « Production documentaire et construction du pouvoir colonial » Présidence : Emmanuelle Sibeud

  • Romain Tiquet (Université de Genève), « Rendre compte pour ne pas avoir à rendre des comptes : le rapport politique colonial comme objet ethnographique »
  • Mathieu Marly (IRHIS, Université Lille 3), « Archiver l’Autre. Maintien de l’ordre et ethnographie militaire dans les montagnes de l’Atlas marocain (1912-1956) »
  • Antoine Perrier (Centre d’histoire de Science Po, Sorbonne Université), « Gouverner avec les yeux. Archives coloniales et sources des monarchies marocaine et tunisienne sous le protectorat français. »

10h45 - 11h (15 minutes) : pause-café.

11h00 - 13h00 (120 minutes) Panel 3, « Le colonial en filigrane : comment faire parler l’archive ? » Présidence : Emmanuel Blanchard

  • Antonin Plarier (Centre d’histoire sociale, Université Paris 1), « De l’articulation des archives à la micro-histoire d’une ville-mine d’Algérie (AïnMokra, mi 19e - début 20e siècle) »
  • Dominique Taurisson (Dynamiques du Droit, Université de Montpellier), « Les archives coloniales au secours de la diversité génétique des petits ruminants du Maghreb »
  • Amandine Dabat (EHESS), « Analyser l’histoire coloniale du Laos sans les archives de la Résidence supérieure : potentiel d’autres fonds »
  • Raphaël Gallien (Université Paris 8 et Paris 5), « Le fou invisible ? (Re)penser l’ordre colonial à partir de ses marges : itinéraires, pour une histoire de la folie à Madagascar (1900- 1960) »

Buffet - 13h00 - 14h00 (60 minutes).

14h00-15h (60 minutes) Table ronde 2, « Conjuguer les archives coloniales au présent : place et rôle dans les sociétés contemporaines »

  • Abdou NouhouBadroudine (OSOI, Université de la Réunion)
  • Flora Losch (Centre Alexandre-Koyré, EHESS)
  • AD 13 (AD 13)

15h-15h15 (15 minutes) : pause-café.

15h15-16h45 (90 minutes) Conclusion générale et discussion dir. Isabelle Grangaud (LaDéHiS, CNRS)