moteur de recherche

Villes et commun(s)

 

 

L’Atelier doctoral « Ville et commun(s) », organisé par le groupe « Usages de l’histoire et devenirs urbains » du Labex Futurs urbains, se tiendra le 4 avril 2019 à la cité Descartes dans le bâtiment Bois de l’étang (Salle C219 – Aile C, 2e étage)

 

Ces dernières années, de nombreux mouvements politiques et sociaux se sont structurés autour de la question des communs ou du commun, à l’image du « mouvement des places » à partir de 2011, en Tunisie, en Espagne, en Grèce, aux Etats-Unis ou en Turquie. La mobilisation de ces notions dans le champ de l’action politique a renouvelé l’attention des chercheurs : économistes, sociologues, politologues, géographes, urbanistes et historiens, entre autre. L’attribution, en octobre 2009, du prix Nobel d’économie à Elinor Ostrom pour ses travaux, datant des années 1980-1990, sur la gouvernance économique et les communs, illustre l’importance prise par ces concepts dans le champ académique.

 

En études urbaines, les relectures d’Henri Lefebvre et de son « droit à la ville » témoignent de la vitalité de cette nouvelle orientation. En 1968, quelques semaines avant mai, le géographe-sociologue, qui ancre son travail dans une perspective philosophique, appelle à une réappropriation de l’espace urbain par les citoyens comme point de départ à une transformation démocratique de la société. Il insiste sur la nécessité de renouer avec une pensée de la ville comme « œuvre » collective.

 

En 1969, Sherry Phyllis Arnstein ouvre, quant à elle, un chantier de recherche sur la participation publique en urbanisme. Elle travaille sur les programmes fédéraux américains destinés à mettre en œuvre des dispositifs participatifs en matière de rénovation urbaine, de lutte contre la pauvreté et de cités modèles et conceptualise, à partir de ces programmes, une « échelle de la participation ». Son article fondateur, paru dans le Journal of the American Institute of Planners fait également l’objet de relectures récentes.

 

Chez ces auteurs, il n’est pas question de « commun(s) » mais de « réappropriation » et de « participation » dans un contexte politique où la proximité lexicale entre commun(s) et communisme(s) est à interroger. Peut-on néanmoins envisager que ces différents travaux constituent une matrice de la réflexion actuelle sur le/les commun(s) en urbanisme ? Comment ces propositions théoriques ont-elles circulé jusqu’à nos jours et sont-elles venues nourrir cette réflexion ? Quelle rupture engendre l’émergence de la thématique du ou des commun(s) dans les études urbaines ? Comment penser le lien entre commun(s) et communisme(s) ?

 

Nous souhaitons, lors de cet atelier, questionner cette généalogie de la recherche sur le/les commun(s) en études urbaines en réunissant des représentants de différentes disciplines, celles des sciences humaines et sociales en particulier. Nous aimerions, par ce dialogue, travailler le rapport qui s’est instauré entre la réflexion sur l’espace public urbain et celle sur le/les commun(s).

 

Appel à communication

Programme

Programme PDF

9h30 – Accueil des participant.e.s autour d’un petit-déjeuner.

10h-10h15 : Introduction de la journée par Myriam Treiber (EPFL) et Pauline Guillemet (UPEM) et présentation des intervenants des deux premières sessions.

 

Première session (10h20-11h30) : Habitat et logement : quelles traductions institutionnelles des pratiques participatives urbaines ?

10h20-10h40 : Romain Perrier (Université de Nantes, sociologie) : « Habitat participatif : de la revendication de participation citoyenne et de mutualisation à son appropriation politique et économique. »

10h45-11h05 : Tara Hill (ENSA de Lyon, architecture) : « Le mutirão autogerido dans ses rapports au commun ? » : l’exemple de la production de logement en autogestion au Brésil.

11h10-11h30 : Discussion.

 

11h30-11h40 : Pause autour d’un café.

 

Deuxième session (11h45-12h55) : Imaginer les futurs urbains, du projet à son appropriation.

11h45-12h05 : Aurélie Dupuis (EPFL, architecture) : « Gestes itératifs au sein des virtualités. Ouvrir le commun : du corps radical de la danse moderne américaine aux pratiques urbaines contemporaines. »

12h10-12h30 : Cyril Blanchet et Nathalie Fabry (UPEM, sciences de l’information et de la communication) : « Stratégie ou projet : vers une réappropriation des territoires intelligents par ses usagers. »

12h35-12h55 : Discussion.

 

13h-14h : Buffet.

 

14h15-14h30 : Présentation des intervenant.e.s de la troisième et dernière session.

 

Troisième session (14h35-15h45) : Écoquartiers et jardins partagés : quel quotidien du commun ?

14h35-14h55 : Karl Berthelot (EHESS, géographie et sciences politiques) : « Une aspiration populaire à la démocratisation de l’écologie ? Analyse des réappropriations de communs territoriaux et écocitoyens propres aux écoquartiers. »

15H00-15h20 : Victoria Sachsé (Université de Strasbourg, géographie et anthropologie) : « Les jardins partagés : de l’appropriation de l’espace public à la construction de communs. Exploration d’expériences d’horticulture radicale dans la ville de Rome. »

15h25-15h45 : Discussion.

 

15h45-16h : Conclusion de la journée.

 

 

Organisé par Pauline Guillemet (Doctorante UPE, Labex Futurs urbains, laboratoire ACP EA 3350) et Myriam Treiber (Architecte MSC EPFL, collaboratrice scientifique au sein du laboratoire ALICE, École polytechnique fédérale de Lausanne).